Reconstruire l’école

« C’est avec l’éducation que nous décidons si nous aimons assez nos enfants pour ne pas les rejeter de notre monde, ni les abandonner à eux-mêmes, ni leur enlever leur chance d’entreprendre quelque chose de neuf, quelque chose que nous n’avions pas prévu, mais les préparer d’avance à la tâche de renouveler un monde commun » (Hannah Arendt, La Crise de la culture, 1961).


Qu’il s’agisse du respect de la laïcité, de l’idéal méritocratique ou de l’héritage de Mai 68, l’école est au cœur de la plupart des polémiques contemporaines. L’institution scolaire reflète ou subit l’ensemble des problèmes de la société. L’éducation est l’un des chantiers prioritaires du président Emmanuel Macron. Cette priorité est légitime tant l’école est remise en question.

Elle doit répondre à de multiples défis :

L’école ne remplit plus son rôle d’ascenseur social. Les études internationales de l’OCDE en sont la preuve : la France est l’un des pays les plus inégalitaires parmi les pays développés, celui où le parcours scolaire des élèves à 15 ans est le plus déterminé par l’origine sociale de leurs parents. Les inégalités sur le territoire sont une autre entorse aux principes républicains : pensons aux fermetures de classes dans les zones rurales ou aux écoles sous dotées de certaines localités.

Le décrochage scolaire. Bien que le chiffre ait diminué sous le quinquennat de François Hollande, plus de 150 000 jeunes quittent le système scolaire sans qualification. Qu’un seul élève soit abandonné est un échec de la République. Le décrochage touche aussi l’université : 15% des étudiants quittent l’Université sans diplôme du supérieur.

Le malaise enseignant, qui se traduit par une crise des vocations face aux difficultés de transmettre le savoir, de travailler sereinement au sein d’une école en crise. 80% des professeurs des écoles sont fiers d’exercer ce métier, mais 71% se déclarent impuissants.

En plus de ces défis, le système éducatif doit s’adapter à différentes évolutions, de la société et des hommes, qu’il s’agisse de la demande de modernisation des pratiques pédagogiques, de l’horizontalité des relations, du rôle des différents échelons territoriaux ou encore de l’ouverture sur l’extérieur de l’école et son internationalisation

Beaucoup à faire tandis que le niveau moyen de nos élèves a baissé.

Quelles sont les mesures qui nous paraissent nécessaires face à ce constat et face aux défis que rencontre l’école de la République ?

Le projet d’Emmanuel Macron désigne une école ambitieuse : avec le rétablissement des classes bi-langues, il s’agit de rappeler l’importance de l’ouverture sur le monde, mais aussi l’exigence académique qui est au cœur du projet de l’école de la Troisième République, avec l’enseignement du grec et du latin.

La priorité sera donnée à l’apprentissage des fondamentaux : en maternelle et au primaire, c’est le « lire, écrire, compter » qui donne accès à la compréhension du monde. La réussite au primaire est primordiale dans la suite de la scolarité.

Pour lutter contre les inégalités, le projet d’Emmanuel Macron prévoit, entre autres, un rythme de création de crèches important, lieu d’éveil et d’ouverture sur les autres, ainsi que la division par deux du nombre d’élèves en zones prioritaires.

L’école accompagnera davantage les élèves. Pour lutter contre l’effet d’une école à deux vitesses et entre les élèves qui peuvent continuer à apprendre en dehors de l’école, nous proposerons à tous un accompagnement après la classe et nous réintroduirons les études dirigées. L’école doit aussi faire réussir, notamment à l’accès à la vie professionnelle. Pour cela, nous développerons les filières professionnelles et l’apprentissage.

Le travail des enseignants, qui œuvrent au quotidien pour la réussite des élèves, doit faire l’objet d’une plus grande reconnaissance. La reconnaissance de la nation passera par un meilleur accompagnement, allant plus loin que la décision forte de revenir sur la suppression de la formation des enseignants, suppression décidée sous le quinquennat Sarkozy. Au collège et au lycée, seuls 6 enseignants sur 10 se déclarent « bien ou très bien préparés » alors qu’ils sont 9 sur 10, en moyenne dans les autres pays.

→ Le système éducatif gagnera en étant davantage connecté aux acteurs qui peuvent l’aider, et particulièrement aux associations qui contribuent à l’acquisition de notre patrimoine culturel et aux règles du vivre-ensemble.


Les défis auxquels l’école républicaine est confrontée sont nombreux. Les réponses prises par le gouvernement d’Emmanuel Macron porteront, je le crois, leurs fruits rapidement. Pour ma part, je prolongerai dans l’Yonne cette nouvelle approche vis-à-vis du monde de l’éducation et défendrai avec force notre territoire. Ce combat concernera le maintien des classes et des collèges. A ce titre,  je serai vigilant au maintien dans la durée du collège Bienvenu-Martin. Défendre la ruralité, c’est aussi défendre les petits commerces et les collèges, tout autant qu’agir, comme je l’ai fait, face aux déserts médicaux.