Développer les circuits-courts pour mettre en valeur les productions de notre territoire

Dans le modèle agricole que je souhaite défendre, je crois aux circuits-courts, c’est-à-dire à la commercialisation directe du producteur ou consommateur. Ce mode de distribution s’est beaucoup développé, les ventes à la fermes, les paniers ou encore les magasins de producteurs, lorsque ceux ci se regroupent et gèrent eux-mêmes la commercialisation, apportant un savoir irremplaçable sur la saisonnalité et la qualité des produits.

Pourquoi c’est un enjeu ?

→ Pour répondre aux attentes de la société. Les consommateurs sont devenus acteurs du circuit alimentaire, qu’il s’agisse de la sécurité alimentaire, des exigences de traçabilité ou du respect de l’environnement. Le rapport aux produits évolue, en termes de fraicheur, de goût et de maturité mais aussi dans la saisonnalité des produits ainsi que dans la redécouverte de certaines variétés que nos grands-parents utilisaient. Enfin, nous sommes tous conscients de l’enjeu que représente notre capacité de produire pour les générations futures, c’est-à-dire conscients des enjeux du développement durable. Lorsqu’ils ont le choix, plus des deux-tiers des Français (71%) préfèrent acheter des produits locaux.

→ Pour notre agriculture. Le nombre d’exploitations ne cesse de diminuer, en 20 ans, leur nombre a été divisé par deux. Parallèlement, un tiers des agriculteurs a touché moins de 350 euros par mois en 2015. L’enjeu du circuit-court constitue une source de revenu et de développement. De plus, le circuit-court limite le gaspillage: les produits hors normes sont davantage acceptés et les producteurs sont moins enclins à produire plus pour palier le risque de ne pas vendre des produits non calibrés En France, 1 producteur sur 5 vend en circuit-court, c’est-à-dire directement auprès des consommateurs ou à travers un seul intermédiaire. Ce chiffre est en constante augmentation.

→ Pour notre territoire, qui peut servir de modèle. Les efforts des collectivités comme ceux de la ville d’Auxerre montrent qu’une meilleure association entre producteurs, consommateurs et pouvoirs publics est possible. Dans l’Yonne, ce modèle porteur constitue aussi une chance pour le tourisme rural : la vente directe peut être une activité complémentaire pour les producteurs qui ont un service d’accueil à la ferme avec consommation sur place des produits de l’exploitation. Enfin, compte tenu du manque de terrains agricoles disponibles en région Île-de-France, la position de notre territoire est une chance. Les avantages au développement du circuit-court concernent notre santé, notre agriculture et plus largement, notre territoire.

Quelles sont nos propositions sur ce dossier ?

Nos deux priorités seront la santé des Français et le respect de notre agriculture, ce patrimoine est notre richesse.

Nous éduquerons au bien manger les enfants et nous fournirons aux agriculteurs de nouveaux débouchés, à la fois à travers la vente directe mais aussi à travers la restauration collective. Les collectivités seront ainsi les premiers soutiens de ce nouveau modèle que nous construirons ensemble : producteurs, consommateurs et pouvoirs publics. Un amendement, qui n’a pu être adopté, au projet de loi Égalité et citoyenneté imposait aux restaurants collectifs (dont ceux des collectivités) de se fournir à « 40 % de produits provenant d’approvisionnements en circuits courts ou répondant à des critères de développement durable, notamment la saisonnalité des produits » et à « 20 % de produits issus de l’agriculture biologique ou de surfaces agricoles en conversion ».

→ Nous voulons proposer une mesure plus ambitieuse, de 50% dès la première année et 70% l’année suivante. Parce qu’il faut assurer un débouché à nos agriculteurs, nous imposerons aux entreprises de restauration collective des niveaux élevés de biologique : au moins 50% de la composition des repas.

→ Nous voulons associer collectivités, producteurs, chambre d’agriculture et associations de consommateurs, pour réfléchir ensemble à l’évolution du modèle productif et de distribution. La grande distribution sera associée à la réflexion.

→ Nous allons aider les producteurs :
A créer des réseaux de distribution; il existait en 2010 près de 200 magasins de producteurs en France.
A s’associer en plateformes pour répondre aux appels d’offres des collectivités.


Ce modèle, nous le porterons pour notre territoire et tous ses habitants, sans opposer les visions et sans parti pris. Nos seules priorités seront l’avenir de nos enfants et le respects des produits et du patrimoine que nous ont légués nos grands-parents.