Contre la précarité : donner les moyens de vivre dignement mais aussi de s’insérer sur le long terme.

Selon la définition de l’INSEE, la pauvreté touche près de 9 millions de Français, soit un peu plus de 14% de la population. Mais si cet indicateur est utile à titre de comparaison et de suivi (il était de 19% en 1970), peut-on réduire la précarité à un chiffre ? Les études d’opinion le montrent, 87 % des Français estiment que le risque que leurs enfants connaissent un jour la pauvreté est plus élevé qu’il ne l’était pour leur génération. Tous les ans, le Secours Catholique publie son rapport annuel sur la pauvreté, ses conclusions doivent nous alerter : de plus en plus de familles sont touchées.

Il faut protéger les personnes qui sont davantage menacées : les mères isolées et les jeunes. De nombreux enfants vivant dans des familles monoparentales sont exposés, trois fois plus que le reste de la population : ils doivent être protégés.

Il faut aussi lutter contre les préjugés liés à la pauvreté. Par exemple, la France ne distribue pas des minimas sociaux élevés : ces montants se situent dans la moyenne européenne.

La précarité est la conséquence des échecs de notre République : le chômage, les contrats précaires ou encore les inégalités scolaires. La pauvreté résulte aussi d’événements de la vie, comme une maladie ou un drame familial. La société doit aider chacun à se relever.

Cette question appelle, je le crois, des réponses sur plusieurs leviers : l’emploi, le pouvoir d’achat, les politiques d’insertion, le logement, la santé. De plus, la pauvreté n’est pas la même partout, en zone rurale, périurbaine ou en ville : les réponses doivent être adaptées, toutes les politiques publiques mobilisées.

Contre la pauvreté, quels sont les leviers que nous proposons d’actionner ?

Revoir les dispositifs d’insertion sociale. Ceux-ci sont trop complexes et parfois illisibles : beaucoup de personnes qui ont droit aux minimas sociaux n’en bénéficient pas car ils n’en font pas la demande : près d’un tiers des bénéficiaires potentiels du RSA socle ne le touchent pas : nous sommes bien loin des fantasmes sur la fraude sociale généralisée. Seul 1% des allocataires fraudent le RSA : ce qui représente 100 millions d’euros, à comparer à la fraude aux cotisations sociales (20-25 milliards selon la Cour des comptes) ou à la fraude fiscale estimée par Bercy à 60-80 milliards d’euros.

→ La majorité présidentielle mettra en place un versement social unique et automatique pour lutter contre le non-recours aux aides sociales. Toutes les prestations (APL, RSA, prime d’activité, etc) seront versées automatiquement le même jour du mois, un trimestre au plus tard après la constatation des revenus (contre jusqu’à deux ans aujourd’hui), pour que chacun puisse toucher aussi vite que possible ce à quoi il a droit. Plus de 12 millions de foyers seront concernés, soit près de la moitié de la population française.

→ Nous augmenterons de 50% le montant de la prime d’activité : soit un gain annuel de près de 1000 euros pour une personne au SMIC. Ce gain de pouvoir d’achat concernera 2,4 millions de foyers dont 400 000 jeunes et 500 000 familles monoparentales.

→ Nous réduirons la pauvreté des personnes âgées. Le minimum vieillesse, pour une personne seule, est aujourd’hui d’environ 800 euros : nous le porterons au-delà de 900 euros.

Nous agirons sur la question du logement.

Comment trouver un emploi ou poursuivre ses études sans un toit ? Notre pays compte 140 000 personnes sans domicile fixe, dont 30 000 enfants ; selon la Fondation Abbé Pierre, 4 millions de personnes sont en situation de mal-logement, ce qui signifie qu’elles vivent dans un logement insalubre, ou qu’elles ne sont pas certaines de pouvoir payer leur loyer à la fin du mois.

→ Le projet d’Emmanuel Macron prévoit de maintenir le rythme de construction des logements sociaux, en maintenant la loi SRU et en concentrant les aides de l’Etat sur les logements aux plus faibles loyers et dans les zones où la demande en logement social est la plus forte.

→ Le système d’attribution des logements sociaux sera revu : Au lieu de procédures opaques et de règles méconnues, un système de points fondé sur des critères objectifs (taille de la famille, niveau des ressources, lieu de recherche) sera mis en place et permettra à chacun de connaître ses chances d’obtention d’un logement et le délai d’attente prévisible.

→ Je souhaite, au sein de la majorité, augmenter la part de l’intermédiation locative, c’est-à-dire la gestion d’un logement du parc privé par une association pour y loger des ménages à faibles ressources.

Nous agirons sur l’accès aux soins

→ Emmanuel Macron s’est engagé à ce qu’aucun soin utile ne soit déremboursé pendant les 5 ans qui viennent.

→ D’ici 2022, la prise en charge sera à 100% pour les lunettes, les prothèses dentaires et d’audition, sans augmenter le prix des mutuelles.

→ Nous conduirons aussi la révolution de la prévention.

Pour lutter contre la précarité : la priorité est l’accès à l’emploi.

→ Sur le marché du travail, les personnes sans formation sont en grande vulnérabilité : elles restent durablement éloignées de l’emploi, ou enchaînent les contrats courts sans jamais sortir de la précarité.

→ Le programme d’Emmanuel Macron pose l’objectif de former 1 million de jeunes et 1 million de demandeurs d’emplois peu ou pas qualifiés.

→ Nous généraliserons la Garantie jeunes à 200 000 jeunes. Ce dispositif offre aux jeunes sortis du système scolaire sans qualification une allocation, une formation et un accompagnement personnalisé et renforcé afin de permettre leur insertion dans l’emploi.

Nous revaloriserons le rôle des associations et des travailleurs sociaux

Avec la mise en place du coffre fort numérique, géré par la poste et permettant aux sans abris de conserver les documents d’identité numérisés, nous permettrons aux travailleurs sociaux de trouver toutes les informations pertinentes pour accompagner les plus vulnérables.

Pour aider les associations, qui agissent dans bien des cas en délégation de l’Etat sur l’action sociale, le projet de la majorité présidentielle prévoit de développer avec les associations et les personnes bénéficiaires des formations aux outils numériques. Souvent, l’absence d’outils et de compétences empêche l’accès à des informations ou des aides pourtant vitales.


Maire d’un village de Puisaye, la lutte contre la précarité en zone rurale sera l’une des mes priorités. Je mènerai des actions sur l’ensemble du spectre des politiques publiques : l’accès aux soins, la mobilité, la formation. Je pourrai travailler avec le ministère des affaires sociales (nouvellement nommé ministère des solidarités), avec le département et avec les communes, responsables respectivement des aides sociales et de l’action sociale.