La sécurité est la première des libertés

La sécurité est la première de nos libertés. Pour cela l’Etat doit assurer la protection de tous, sur tout le territoire. Ce sujet n’est ni de gauche, ni de droite. Notre volonté est de s’appuyer sur des faits solides, sur les expériences concluantes qui ont été menées en France et à l’étranger.

Les politiques menées jusqu’à aujourd’hui ont manqué d’efficacité. La délinquance du quotidien et les incivilités affectent l’ensemble de nos concitoyens. La suppression de 12 500 postes dans la police et la gendarmerie entre 2007 et 2012 a fragilisé les services. Le sentiment d’insécurité est bien réel ; il concerne différentes agressions : les cambriolages, les incivilités que beaucoup rencontrent dans leur quotidien et plus gravement, le terrorisme.

Les forces de police et de gendarmerie sont en première ligne pour répondre à ces défis. C’est une évidence : 78% des Français ont confiance dans la police. Malgré tout, les forces de police doivent être plus proches de la population et davantage ancrées dans le territoire.

En effet, les forces de polices ont perdu pour partie le lien avec le territoire, alors que la proximité et le contact avec la population sont essentiels en matière de renseignement. Les forces doivent aussi être plus nombreuses, et c’est dans ce sens que les cinq dernières années ont été utilisées à rattraper les erreurs de jugement du précédent quinquennat

Mais la sécurité n’est pas seulement une question d’effectifs ; l’organisation et les missions des policiers et gendarmes doivent évoluer.

 Quelles sont nos propositions ?

Nous devons disposer de forces de sécurité intérieure plus nombreuses, mieux réparties et mieux formées.

Aujourd’hui, nos forces sont trop sollicitées, mal équipées et n’ont pas le sentiment d’être respectées.

→ Nous recruterons 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires en 5 ans, sur la base de 7 500 policiers et 2 500 gendarmes.

→  Nous adapterons le recrutement des policiers pour une meilleure intégration dans les territoires. Une des voies à cette fin sera d’augmenter les promotions des cadets de la République.
Nous relancerons vigoureusement la formation. Les forces de police doivent être mieux équipées pour faire face aux nouvelles situations.
Nous rouvrirons au moins une école de 1 000 élèves et une école de 500 élèves dès la première année du quinquennat.
Nous créerons une académie de police, réunissant l’ensemble des corps de la police nationale autour d’actions de formation initiale et continue mutualisées.

Restaurer le lien entre les forces de police et le territoire.

Les forces de police doivent être présentes sur le territoire, sur le modèle de la police de proximité, mise en place à partir de 1998 et supprimée en 2003 par Nicolas Sarkozy. Elle avait pourtant l’objectif de prévenir la délinquance grâce une connaissance du terrain et des liens durables avec la population. La police s’est peu à peu repliée sur ses missions d’intervention et de réaction.

Elle s’inspirait des expériences étrangères, notamment chez nos voisins européen, permettant de dissuader la délinquance et de diminuer le sentiment d’insécurité, les policiers étant alors en contact permanent avec la population mais n’hésitant pas à assumer un rôle répressif. En 2010, des brigades spécialisées ont été mises en place avec pour mission, selon le ministre de tutelle, de « ne pas dialoguer avec les délinquants ». Nous pensons au contraire que le rôle de la police est de dialoguer.

Dans l’Yonne, beaucoup de nos concitoyens ont été inquiets de la réorganisation des services de gendarmerie suivant la décision du premier ministre François Fillon, mouvement qui s’est traduit par la fermeture en  de plusieurs sites dans l’Yonne.  Les gendarmes sont pourtant dans les territoires ruraux le premier contact avec la population. Je propose d’assigner des gendarmes à des missions de contact permanent avec la population. Ce sont des missions de collectes d’informations essentielles : des forces seront en permanence dehors, sur le terrain, au contact de la population et des élus.

 → Nous mettrons en place des outils répressifs au plus proche du terrain et mieux adaptés.
Les sanctions immédiates seront développées. Les petites infractions seront sanctionnées immédiatement par le paiement d’une contravention. Elle sera perçue simplement comme il est procédé aujourd’hui pour les infractions au code de la route, voire immédiatement sur la voie publique. Ceci évitera d’engager une lourde procédure ne débouchant sur aucune peine dissuasive. Elle sera d’un montant suffisamment important pour être réellement dissuasive.
De nouvelles modalités d’intervention ponctuelle seront reconnues aux policiers. Nous leur permettrons, sous le contrôle d’un juge, d’interdire à un individu générateur de troubles la fréquentation d’un lieu durant un certain temps.

→ L’échelon du quartier doit être préféré à celui de la commune.
Nous favoriserons la création au niveau des quartiers de contrats locaux de sécurité et de prévention de la délinquance qui associeront plus étroitement la police et la gendarmerie aux acteurs de la prévention et de la sécurité.

→  Nous susciterons des partenariats locaux innovants entre policiers et habitants. Par exemple, des représentants pourront être élus dans les quartiers pour établir une relation de confiance avec la police, des outils numériques permettront de recueillir l’avis de la population sur l’action de la police et les politiques menées, et une stratégie de transparence et d’explication sera systématiquement déployée par la police.

Nous accroîtrons la déconcentration des responsabilités au sein des services de police et de gendarmerie, et donc les marges d’autonomie, pour permettre aux échelons les plus bas une meilleure prise en charge des problèmes spécifiques locaux.

Donner les moyens aux forces de police et de gendarmerie

→  Faire évoluer les effectifs et les tâches. Pour ces missions, nous pensons que les effectifs des forces de police doivent continuer d’augmenter, prolongeant les décisions prises entre 2012 et 2017.

→  Nous diminuerons la bureaucratie et imposerons un retour au coeur du métier de policier pour plus de présence sur le terrain. Nous allégerons les procédures auxquelles les policiers sont soumis.

→  Nous pensons qu’il faut permettre aux forces de police de se concentrer sur leur activité principale ; nous soutiendrons donc la réduction des formalités administratives et des missions annexes. Nous permetttrons à nos forces de police de traiter par une amende forfaitaire de nombreuses catégories d’infractions, comme par exemple les vols à l’étalage, qui seront réprimées sur le champ.

→  Enfin, l’utilisation des technologies de pointes et l’achat de matériel neuf passent par la recherche de mutualisation entre les outils de la gendarmerie et ceux de la police nationale, nous souhaitons une coopération renforcée tout en maintenant un statut pour chaque force.

Nous devons aussi punir les abus et lutter contre les pratiques abusives en matière de contrôle d’identité. Les études montrent que la police française réalise proportionnellement davantage de contrôles d’identité que d’autres polices dans des pays comparables. Cette situation crée des tensions avec la population qui ressent une forme de harcèlement voire, pour les populations d’origine étrangère, un sentiment de discrimination.Nous généraliserons, en particulier dans les quartiers prioritaires ou dans les quartiers marqués par une baisse de la confiance entre la police et la population, l’usage des caméras piétons pour enregistrer les contrôles d’identité.

Face au terrorisme, la priorité est au renseignement.

→  Cette priorité s’entend au niveau territorial, national, européen et international. Il s’agit de mieux coordonner les différents acteurs et les ministères.

→  Il faut moderniser les moyens de la sécurité intérieure (diversification des recrutement, meilleure information sur les risques nouveaux) et accompagner les efforts du ministère de la défense en termes d’effectifs, de capacités informatiques cyber-renseignement ou de drones, satellites, etc.

→  Je souhaite que nous nous appuyons sur l’expérience de la gendarmerie, dont le statut militaire a favorisé son implication en opérations extérieures où elle a accompagné des troupes françaises déployées à l’étranger ou dans le cadre d’opération de gestion civile des crises. Cette expérience et la coopération internationale sont primordiales dans le contexte actuel et face aux menaces et à la criminalité transnationale, comme le terrorisme, la traite des êtres humains ou le trafic de drogue. Je souhaite aussi que la gendarmerie soit davantage impliquée dans la coopération européenne.

La stratégie de contre terrorisme du gouvernement fera intervenir de manière concertée les ministères de l’Intérieur, de la Justice, de la Défense, des Finances et des Affaires Etrangères.

→  Il faut par exemple améliorer la circulation de l’information et du renseignement entre autorités judiciaires et services de renseignement, en incluant clairement le ministère de la Justice dans la stratégie de contre-terrorisme, en permettant l’accès aux données des instructions en cours lorsqu’elles peuvent aider à la prévention d’actions et à la recherche de terroristes, en offrant aux juges un meilleur accès, protégé, à des données des services utiles à leur travail d’instruction et aux poursuites ; ou en renforçant les moyens des parquets et juges d’instruction ainsi que le renseignement pénitentiaire et ses articulations avec la DGSI.

 Nous remodèlerons l’organisation du renseignement.

Nous créerons une cellule spéciale du renseignement anti-Daech, permanente, de 50 à 100 agents, associant les principaux services de renseignement, placée auprès du Président de la République.

Nous créerons un état-major permanent qui permettra de planifier les opérations de sécurité intérieure. Il associera les services et états-majors des ministères l’Intérieur et de la Défense, le cas échéant avec la participation des ministères des Transports, de la Santé et de l’Industrie.

Les moyens du contre-terrorisme doivent être accrus.

→  Nous mettrons en place une véritable programmation sur 4 à 5 ans pour la modernisation des moyens de la sécurité intérieure. Elle comportera un volet sur les risques nouveaux, planifiera l’effort budgétaire mais aussi augmentera et diversifiera le recrutement de la DGSI. Cette programmation permettra de refonder le renseignement de proximité et de remettre en selle le renseignement territorial.

 →  Les efforts engagés au niveau du ministère de la défense doivent être poursuivis.

  • Renforcement des moyens des services de renseignement et des forces spéciales : effectifs, capacités informatiques cyber-renseignement, drones, satellites, etc.
  • Priorité sur le renseignement
  • Développement de la cyberdéfense.

Enfin, nous devons prendre les mesures adaptées pour gérer les retours sur le territoire des Français partis combattre en Syrie ou en Irak.

Il y a environ 700 Français en Irak et en Syrie, partis pour combattre dans les rangs de Daech, dont plus de 300 femmes et plusieurs dizaines de mineurs. La proposition d’empêcher le retour de ces Français, par exemple en leur retirant leur nationalité française, est à la fois dangereuse et irréaliste. Cela n’empêcherait aucunement les tentatives d’incursions sur le territoire national pour y commettre des attentats.

→  Nous créerons des centres fermés de petite taille spécifiquement dédiés à recevoir des personnes radicalisées. Aucun contact avec l’extérieur ne sera possible par téléphone portable, Internet etc. Des brouilleurs seront déployés. Le faible nombre de détenus dans le centre – en nombre identique à celui du personnel encadrant – permettra de faire respecter ces interdictions. Le centre sera totalement fermé, placé sous haute sécurité. Des activités obligatoires seront imposées pour que les détenus se resocialisent. Ils rencontreront des repentis, et des personnes extérieures professionnelles dans leur domaine interviendront pour leur démontrer qu’une autre vie est possible après une vie de radicalisation ou de djihadisme.


La sécurité est la priorité de notre temps, nous le devons à nous-même et aux jeunes générations. C’est pourquoi le projet de la majorité présidentielle est complet, à la fois concernant les questions quotidienne, le terrorisme, l’international.  Nous devons aussi protéger l’Etat de droit : certains veulent le remettre en question et le critiquent. Je crois au contraire que l’Etat de droit protège les plus faibles.