Une Europe qui protège les Européens

L’Europe est au cœur des grands défis de notre époque : écologie, sécurité, migrations, commerce, numérique. Elle est aussi la réponse à ces défis. Aucun pays du continent européen ne pourrait répondre seul à ces défis. Nous voulons que l’Europe se concentre sur ces grands enjeux et ose défendre ses intérêts et ses valeurs dans le monde.

N’oublions pas que l’Europe ce sont des réussites :

L’Europe est aujourd’hui le continent de la paix, assurée depuis plus soixante ans après des siècles de conflits et deux guerres mondiales sur son sol. L’Union européenne reste la meilleure garantie de la paix sur le continent

L’Union européenne est la plus grande puissance économique du monde. C’est aussi le 1er exportateur mondial de biens manufacturés et de services.

L’Europe est en première ligne pour la transition écologique. Face à la déresponsabilisation des Etats-Unis sur cette question, l’Europe doit être leader, à la fois sur les technologies et la protection de la santé des hommes et de l’environnement.

Des réussites scientifiques. L’Europe c’est Airbus, c’est Ariane, c’est Galileo, le GPS européen qui sera le plus utilisé dans le monde car plus précis et plus fiable.

L’Europe est une Europe d’hommes et de femmes. La libre circulation nous permet de circuler partout en Europe. Ce sont aussi 5 millions de bénéficiaires du programme Erasmus, étudiants, apprentis, demandeurs d’emplois.

L’Europe c’est aussi la culture. L’Europe est une héritière d’une tradition qu’elle transmet ; la civilisation européenne est la civilisation de l’ouverture, de la transmission. Lorsque « la Grèce fut conquise, elle conquit son farouche vainqueur (Rome), et porta les arts au sein du Latium rustique » (Horace, Épîtres, II, 1, 156). De cet héritage, nous sommes redevables et avons la responsabilité de le transmettre aux générations futures.

Mais nous devons être lucides face aux carences de l’Europe. Un sentiment de distance s’est installé vis-à-vis de l’Europe ; l’Europe n’est plus assimilée à des réalisations efficaces et à des initiatives de grande ampleur.
Enfin, certains responsables nationaux ont joué le jeu de la défiance en présentant l’Europe comme responsable de leurs échecs : Il faut mettre fin à cette épidémie en assumant nos politiques nationales et en régénérant l’idéal européen

 Que proposons-nous pour l’Europe ? 

Nous souhaitons rétablir la confiance dans l’Europe et prendre le temps du débat

Les bases de la nouvelle Union européenne seront posées à l’issue d’une large consultation citoyenne, aux niveaux national et européen.
→ Nous proposons de lancer dès 2017 des conventions démocratiques : pendant six à dix mois, dans chaque État, selon des modalités laissant la place aux choix des gouvernements et des collectivités, un débat européen sera organisé sur le contenu de l’action de l’Union, sur les priorités qu’elle doit avoir. Sur cette base, les gouvernements européens élaboreront une feuille de route et des actions précises, traçant les priorités d’action de l’Union et leur calendrier de mise en œuvre pour les cinq ans à venir.

La grande priorité pour l’Europe est de renforcer l’Union Européenne sur les 5 dimensions de la souveraineté.

Tandis que l’échelle continentale est la plus pertinente pour résoudre les grands défis de souveraineté, l’Union n’agit pas suffisamment sur ces défis mondiaux. Nous voulons assumer une action européenne plus forte sur les grands défis que nous pouvons mieux résoudre ensemble, en concentrant l’Union européenne sur ces sujets.

Nous voulons une Europe de la sécurité, qui protège ses frontières dans le respect de ses valeurs

Nous voulons renforcer le corps de police des frontières européen, en lui donnant une capacité de surveillance et de protection durables des frontières extérieures. L’objectif est de 5 000 hommes mobilisables par la nouvelle Agence européenne de garde-frontières et de garde‑côtes.

→ Nous développerons des actions et des projets dans les principaux pays de départ et de transit des migrants, de manière complémentaire et additionnelle à notre aide au développement, en appuyant également l’installation de points de contrôle dans ces pays avant l’arrivée dans l’UE, l’aide à la lutte contre les passeurs et le retour des migrants non autorisés à entrer dans l’UE.

Une Europe de la défense doit être une réalité 

Financement conjoints au niveau européen d’ équipements militaires communs (ex. drone européen) et programmes conjoints de recherche‑développement en matière militaire.

→ Mise en place un Quartier Général européen permanent chargé d’assurer une planification et un contrôle des opérations de défense européenne, en lien étroit avec les centres de commandement nationaux et l’OTAN.

→ Coopération spécifique entre les Etats membres qui souhaitent avancer ensemble sur les questions de défense sans attendre la participation de tous les pays de l’UE.

Une coopération policière et judiciaire pour une action efficace à l’échelon européen.

Nous devons établir un véritable système d’information européen pour faciliter les actions de renseignement : une base de données centralisée avec un échange obligatoire d’informations, accessible aux services de renseignement des différents Etats membres.

→ Nous proposerons de renforcer et d’harmoniser la sécurité des cartes d’identité (biométrie).

L’Europe doit aussi être l’Europe de la croissance

→ Emmanuel Macron saura convaincre pour que soit créé un budget pour la zone euro avec 3 fonctions (investissements d’avenir, assistance financière d’urgence et réponse aux crises économiques). L’accès à ce budget sera conditionné au respect de règles communes en matière fiscale et sociale (pour éviter le dumping au sein de la zone euro).

Le gouvernement et la majorité exigeront que soit mis en place un socle de droits sociaux européens, en définissant des standards minimums en matière de droits à la formation, de couverture santé, d’assurance chômage ou de salaire minimum (à des niveaux tenant compte de l’inégal développement des Etats membres). Je serai intransigeant sur ce point.

L’Europe ne doit pas être naïve, elle doit protéger dans la mondialisation.

→ Au niveau mondial, nous renforcerons les instruments anti-dumping, qui doivent être plus dissuasifs et plus réactifs (par ex. pour lutter contre la concurrence déloyale de pays comme la Chine ou l’Inde sur l’acier).

Nous défendrons un « Buy European Act » permettant de réserver l’accès aux marchés publics européens aux entreprises qui localisent au moins la moitié de leur production en Europe.

→ Nous proposerons de mettre en place au niveau européen un instrument de contrôle des investissements étrangers en Europe pour préserver nos intérêts et secteurs stratégiques, à l’instar de ce que font les Etats-Unis ou la Chine ou de ce qui existe en France.

Une politique commerciale qui défend les préférences et les valeurs européennes.

→ Nous exigerons que soit intégré dans tous les accords commerciaux de l’UE un volet de coopération fiscale ainsi que des clauses sociales et environnementales contraignantes.

→ Une politique commerciale plus démocratique. Je soutiens l’idée de la majorité de la mise en place de comités de vigilance associant des représentants d’associations et d’ONG au cours de la négociation, puis pour l’application des accords commerciaux et l’évaluation de leur impact.

Parmi les chantiers prioritaires : je crois en l’Europe du développement durable.

→ Nous réformerons le marché carbone européen, en agissant par la fixation d’un prix plancher de la tonne de carbone. C’est la condition d’une transition énergétique efficace et équitable pour nos entreprises.

Nous rendrons la politique agricole commune plus protectrice et plus réactive, en mettant en place des mécanismes de stabilisation des revenus adaptés à chaque filière (subvention contra-cyclique, régulation de la production…) et en favorisant une agriculture plus respectueuse de l’environnement.

Nous devons faire de l’Europe le leader sur le numérique.

→ La mise en place d’un Fonds européen de financement en capital-risque permettra d’accompagner la croissance des start-up européennes du numérique.

→ Nous devrons renégocier avec les Etats-Unis le *Privacy Shield*, le cadre de protection des données, d’ici 2018, afin de garantir la préservation des données personnelles de tous les Européens.

→ Nous proposerons aussi la mise en place d’une Agence européenne pour la confiance numérique, chargée de réguler les grandes plateformes numériques pour garantir la protection des données personnelles et la loyauté de leur fonctionnement.


L’Union Européenne a apporté la paix sur le continent, mais aussi la prospérité. Je crois toutefois que l’Europe est devant nous : nous devons la renforcer sur les sujets de souveraineté et lui donner les moyens de nous protéger, mais nous devons aussi donner sa place à l’éducation à la culture européenne. Nous pouvons imaginer des enseignement qui seraient communs à une classe d’âge sur l’ensemble de l’Europe et qui porteraient sur cette culture européenne. Le projet de la majorité revient sur l’apprentissage du grec et du latin : il faut rendre aux études classiques leurs lettres de noblesse.

Pour reprendre la parole apocryphe de Jean Monnet, « si c’était à refaire, je commencerais par la culture ».

La culture doit se partager. La majorité présidentielle propose par exemple de généraliser le programme Erasmus, avec l’objectif de 200 000 jeunes Français par an (soit 25% d’une classe d’âge) effectuant au moins un semestre à l’étranger d’ici 2022.