Ma vision de la santé : la lutte contre les déserts médicaux et l’accès aux soins

L’efficacité du système de santé français est contrastée: certes l’espérance de vie est élevée mais les cas de mortalité prématurée sont encore importants en comparaison des autres pays équivalents. De plus, si le système de soins est accessible, il est aussi particulièrement inégalitaire, de nombreux Français ne peuvent se soigner ou renoncent pour des raisons financière ou d‘accès à un médecin.

L’un des grands échecs de notre politique de santé sont les inégalités sociales qui ne régressent pas: l’espérance de vie d’un homme ouvrier, à 35 ans, est inférieure de plus de six à celle d’un cadre et les écarts d’espérance de vie entre catégories sociales sont stables depuis 25 ans. Les conséquences sont graves, notamment pour les enfants. Par exemple, un enfant d’ouvrier en CM2 a dix fois plus de chance d’être obèse qu’un enfant de cadre. C’est pour cela que le programme de notre majorité prévoit beaucoup pour la prévention, qui permettra de réduire ces inégalités.

Selon moi, pour répondre aux défis épidémiologiques, technologiques ou démocratiques, les priorités pour notre système de santé sont les suivantes:

→ Répondre au vieillissement de la population, la hausse des maladies chronique et la hausse normale des coûts en matière de santé, pour soigner.

→ Répondre aux enjeux de santé au travail (accidents, burn out)

→ Répondre au défi environnemental, qu’il s’agisse des maladies liées à  l’exposition à la pollution, aux pesticides, aux perturbateurs endocriniens…

→ Répondre à la question démocratique: les inégalités territoriales et les déserts médicaux ou encore les inégalités sociales, de compréhension des risques, d’accès à l’information et aux soins.

Ma priorité: lutter contre les déserts médicaux

Le projet du président Emmanuel Macron prévoit le doublement du nombre de maisons pluridisciplinaires de santé, qui regroupent des médecins généralistes et des professionnels de santé paramédicaux chez qui il est parfois long dans notre département d’avoir un rendez-vous (kinesitherapeute, dentiste…). Près d’un quart des Français ont un accès difficile aux spécialités courantes. Les maisons de santé sont l’avenir de la santé en zone rurale et périurbaine, elles répondent aux souhaits des nouvelles générations de médecins de travailler en équipe, pour mieux suivre les patients, et favorisent de fait leur installation.

A l’Assemblée nationale, je serai en première ligne sur cette question. J’ai initié la maison de santé de Saint-Sauveur-en-Puisaye, qui est une réussite pour notre territoire et pour nos patients. Entre médecins, nous communiquons facilement, partageons nos diagnostics et apprenons sur les méthodes des autres: c’est un gain à la fois en termes de délais et de résultats.

Garantir l’accès aux soins

Parmi les mesures qui me semblent urgentes: l’ouverture du numerus clausus. Nous devons former davantage de praticiens et cette évolution est une priorité du programme santé d’Emmanuel Macron. Plus de médecins, ce sont des patients mieux suivis et des risques diminués. Les formations de santé seront adaptées, pour répondre aux nouveaux défis mais aussi à l’attente des professionnels: cette évolution des métiers se fera au service du système de soins.

Nous devons aussi utiliser les technologies de la télémédecine, qui sont un autre levier de la lutte contre les inégalités territoriales en matière de santé. Ces technologies permettent à un professionnel de santé d’établir un diagnostic à distance et sauvent des vies lorsque le diagnostic ne peut attendre et que le patient ne peut se déplacer. Sous le quinquennat, ces dispositifs seront largement étendus.

Nous devons aussi lutter contre les inégalités dans l’accès aux soins: les dépenses de santé pèsent davantage sur les budgets des ménages modestes. Par exemple : pour les 10% des ménages les plus modestes le ticket modérateur représente 8.2% des revenus, pour les 10% les plus riches : 0.66%. Je crois que chacun doive contribuer au financement des dépenses de santé selon ses moyens. De plus, la place des mutuelles s’est accrue, excluant certains ménages qui sont contraints de renoncer à certains soins. Emmanuel Macron propose de rembourser les appareils auditifs et les lunettes à 100% car il faut arrêter de penser que ce sont des produits de consommation à grand frais de campagnes publicitaire.

Décloisonner le système de soin

Nous devons mieux assurer la continuité de la prise en charge des patients. Les études ont largement prouvé la nocivité du cloisonnement entre les soins de villes et hospitaliers et le recours excessif à l’hospitalisation qu’il provoque. Comme sur d’autres sujets d’importance nationale, le travail en équipe et la coordination entre tous les acteurs concernés sera le moyen de rénover notre approche des défis auxquels la France est confrontée.

→ Au niveau des territoires, la majorité présidentielle accélérera le déploiement des groupements hospitaliers de territoire, qui renforcent la coopération entre hôpitaux publics.

→ Les modes de financement des établissements de santé seront diversifiés, la place de la tarification à l’activité (T2A) sera réduite pour favoriser des financements liés à des objectifs précis et des missions de santé publique.

→ Les expérimentations et initiatives locales seront encouragées (professionnels de santé, hospitaliers libéraux) , pour renforcer la coordination des soins et mieux accompagnés les malades.

Le système sera plus agile et proche du terrain; l’accent portera sur l’évaluation de la qualité et du service rendu pour les malades tandis que les gains d’efficience permettront de mieux valoriser les bonnes pratiques et d’investir pour innover.

Changer notre vision de la santé et oser la prévention

Le système de soins français est articulé sur le curatif, au détriment de la prévention. Pourtant, elle est souvent plus efficace et est aussi un facteur de réduction des inégalités. A ce titre, le projet de la majorité présidentielle prévoit:

→ Le financement d’actions de prévention au titre des missions d’intérêt général dans les établissements de santé et des objectifs de performance pour tous les professionnels de santé libéraux.

→ La création d’un service sanitaire de 3 mois pour tous les étudiants en santé : dans ce cadre, 40 000 d’entre eux interviendront dans les écoles et les entreprises et les maisons de santé pluridisciplinaires.

→ Le soutien à la recherche en santé environnementale et la limitation des risques d’exposition aux substances à risque.

→ L’évolution de la rémunération des médecins en ville afin de mieux valoriser les actions de prévention.

Vers un système de santé plus efficient

L’objectif de mieux soigner, de rendre plus accessible les sois et de lutter contre les inégalités en matière de santé n’est pas incompatible avec des une progression des coûts maitrisée : le système actuel favorise les dépenses peu efficaces, en raison d’un suivi mal assuré des patients ou d’une mauvaise coordination entre professionnels de santé. Sous le quinquennat, nous évaluerons la qualité et la pertinence des soins et rendrons l’ensemble de informations transparentes pour les usagers comme nous diffuserons les bonnes pratiques. Par exemple, pour lutter contre le gaspillage des médicaux acheté mais non consommé (un médicament sur deux!), gaspillage de 7 milliards d’euros par an, nous généraliserons la vente de médicaments à l’unité.